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Et si Dexter Morgan était plus autiste que psychopathe?

Dexter Morgan conserve goutte de sang de sa victime sous lamelles de verre.

 

Con­traire­ment à la majorité des séries améri­caines qui nous font suiv­re les enquêtes d’une équipe de policiers sur la piste de crim­inels, Dex­ter nous pro­pose de suiv­re l’his­toire du point de vue opposé. De jour, Dex­ter Mor­gan tra­vaille comme expert médi­co-légal pour la police de Mia­mi mais la nuit, il devient un tueur froid et très effi­cace dans la traque des tueurs en série. Cepen­dant, si l’on nous présente cet anti­héros comme un psy­chopathe dénué de toute émo­tion, il devient vite évi­dent que le cas de Dex­ter est bien plus com­plexe et ressem­ble à un curieux mélange de psy­chopathie, de traits autis­tiques et de stress post-trau­ma­tique.

 

DES SOUVENIRS D’ENFANCE POUR LE MOINS TRAUMATISANTS

Dexter Morgan enfant secouru par Harry.

Quand la série cherche à expli­quer com­ment Dex­ter est devenu un tueur en série, nous apprenons qu’à l’âge de trois ans il a été témoin de la mort de sa mère, Lau­ra Moser, assas­s­inée devant ses yeux(et ceux de son frère ainé Bri­an). Il sera sec­ou­ru par l’in­specteur de police Har­ry Mor­gan, après avoir baigné deux jours dans une mare de sang au fond d’un con­tain­er mar­itime. Har­ry décidera de l’adopter, mais remar­quera très vite qu’en gran­dis­sant Dex­ter dévelop­pera des com­porte­ments anor­maux et une fas­ci­na­tion pour le sang.

De nom­breuses études ont mon­tré que le point com­mun que parta­gent tous les tueurs en série est le fait d’avoir con­nu une enfance dif­fi­cile. Vio­lence, nég­li­gence parentale, abus sex­uels… Autant de trau­ma­tismes qui les ont empêchés de dévelop­per une image sécu­ri­taire de l’af­fec­tif. Il est impor­tant de not­er que tous les enfants vic­times d’abus ne sont pas devenus des crim­inels repro­duisant ce qu’il ont subi sur d’autres indi­vidus par la suite. En leur appor­tant un sou­tien adap­té, il est pos­si­ble de les accom­pa­g­n­er dans leur rétab­lisse­ment et développe­ment per­son­nel. Hélas pour Dex­ter, son père adop­tif, trop habitué à pour­suiv­re des crim­inels vio­lents, est per­suadé que l’en­fant devien­dra un tueur et part deman­der con­seil à la psy­chi­a­tre Eve­lyn Vogel, spé­cial­isée dans les indi­vidus psy­chopathes.

Elle décèle elle aus­si des traits anti­so­ci­aux en Dex­ter et con­forte Har­ry Mor­gan dans son idée: l’en­fant devien­dra inévitable­ment un tueur. Afin de don­ner une chance à l’en­fant qui fini­ra inex­orable­ment par être jugé et con­damné un jour ou l’autre à la peine cap­i­tale, ils déci­dent alors de canalis­er les pul­sions meur­trières (qu’il appellera lui-même son “Pas­sager Noir”) du jeune garçon en met­tant au point un code de con­duite  pour jus­ti­fi­er ses com­porte­ments vio­lents: Ne jamais se faire pren­dre en ne tuant que ceux qui le méri­tent et épargnant autant que pos­si­ble les inno­cents.

Cepen­dant, le per­son­nage de Dex­ter sem­ble présen­ter deux facettes: un tueur psy­chopathe donc, guidé par son Pas­sager Noir, mais qui “vit” à l’in­térieur d’un indi­vidu éprou­vant toutes les dif­fi­cultés que pour­rait ren­con­tr­er une per­son­ne présen­tant un trou­ble du spec­tre autis­tique.

 

UN PSYCHOPATHE UN PEU TROP SUJET A L’INTROSPECTION

Dexter Morgan observe goutte de sang dans lamelles en verre.

Même s’il est employé couram­ment, le terme Psy­chopathe (et sa vari­ante Sociopathe) a été retiré des manuels de san­té actuels: on lui préfère offi­cielle­ment le terme ” Trou­ble de la Per­son­nal­ité Anti­so­ciale”. Les per­son­nes atteintes de ce trou­ble présen­tent plusieurs traits typ­iques que devrait naturelle­ment partager notre anti­héros:

1 — Inca­pac­ité à se con­former aux règles.

Les vrais psy­chopathes ne respectent rien, ni leurs promess­es, ni les lois, ni aucune règle. Même si Dex­ter enfreint sou­vent la loi[1], il ne le fait la plu­part du temps que pour exercer son “méti­er” de jus­tici­er. Il évite au max­i­mum de se faire remar­quer pour ne pas être décou­vert. Et bien sûr, il y a le code d’Har­ry. Toute la vie de Dex­ter est dic­tée par le code. Un vrai psy­chopathe aurait été réti­cent dès le départ ou aurait feint de l’adopter pour, une fois sans sur­veil­lance, agir à sa guise.

2- Impul­siv­ité.

Les per­son­nes anti­so­ciales ont du mal à con­trôler leurs émo­tions et agis­sent de façon impul­sive. Il leur est égale­ment très dif­fi­cile de plan­i­fi­er à l’a­vance les choses. Beau­coup souf­frent des dépen­dances à l’al­cool ou aux drogues, et mènent une vie sex­uelle dis­solue. La com­posante sex­uelle est d’ailleurs un moteur cen­tral du pas­sage à l’acte chez beau­coup de tueurs en série. Ils sont sadiques et éprou­vent un besoin de dom­i­na­tion qui doit être assou­vi par un acte à la hau­teur de leur fan­tasme. Ils utilisent donc rarement des armes à feu, leur préférant des armes ou méth­odes impli­quant un con­tact rap­proché comme les armes blanch­es ou encore la stran­gu­la­tion.[2]

Dex­ter au con­traire n’est que très rarement impul­sif: il pré­pare avec soin chaque détail avant de pass­er à l’acte. Bien sûr, le respect du code le pousse à être minu­tieux et organ­isé, mais il pousse cela à l’ex­trême: toute sa vie est sous con­trôle con­stant. Il fein­dra une dépen­dance à l’héroïne pour cou­vrir ses trop fréquentes sor­ties noc­turnes mais ne sera finale­ment coupable que de la con­som­ma­tion de quelques bières quand il dîn­era avec sa soeur Debra. Il nous dit aus­si qu’il n’a aucun intérêt pour le sexe, même si cela évoluera avec le temps.

3- Irri­tabil­ité et agres­siv­ité.

Pour un psy­chopathe impul­sif, Dex­ter ne sem­ble pas mon­tr­er de signes d’a­gres­siv­ité envers autrui si cette per­son­ne n’est pas sur sa liste des per­son­nes à élim­in­er. Il lui arrive par­fois de réa­gir à une émo­tion forte et d’être vio­lent pour se pro­téger (lui, son secret ou un proche),  ou sim­ple­ment parce qu’il pense que c’est la réac­tion nor­male que les gens atten­dent de lui sur le moment. Quand sa femme Rita lui avoue avoir embrassé leur voisin, il ira le frap­per parce qu’il estime que c’est de cette façon qu’a­gi­rait un mari jaloux.

4- Men­songe pathologique.

Les per­son­nes anti­so­ciales sont des menteurs invétérés, ils sont cal­cu­la­teurs, manip­u­la­teurs et n’hési­tent pas à faire cul­pa­bilis­er leur famille pour obtenir ce qu’ils désirent. Dex­ter ment à tout le monde mais dans le but de se cou­vrir ou de détourn­er l’at­ten­tion des autres de sa future vic­time . Il ne fait pas cela par plaisir ou par prof­it. Il lui arrive bien enten­du de men­tir et manip­uler les crim­inels, mais il ne fait que retourn­er leur pro­pre arme con­tre eux. Il passe en vérité toute la série à mas­quer qui il est, un trait que nous retrou­vons dans les trou­bles du spec­tre autis­tique.

5- Froideur émo­tion­nelle.

On dit sou­vent que les psy­chopathes n’ont pas d’empathie et ne ressen­tent rien. Même si cer­tains indi­vidus en man­quent en effet, la plu­part n’en man­quent pas et n’ont aucun mal à s’en servir pour manip­uler les autres car ils savent très bien quelle émo­tion simuler pour provo­quer une réac­tion chez eux.[3] On retrou­ve par con­tre une tolérance au stress sou­vent très élevée qui leur per­met de garder leur sang froid dans des sit­u­a­tions extrêmes. Ils sem­blent égale­ment dotés d’un charme super­fi­ciel qui leur per­met de pass­er pour le voisin mod­èle ou l’employé du mois afin de ne pas mon­tr­er leur vraie nature et gravir plus facile­ment les éch­e­lons de la société. Mais à l’abri des regards, ils font sou­vent vivre un enfer à leur famille et à leurs proches(les per­vers nar­cis­siques sont bien des psy­chopathes), qu’ils ont ten­dance à voir de façon aus­si néga­tive que le reste de l’hu­man­ité qu’ils méprisent. Dex­ter au con­traire éprou­ve beau­coup de dif­fi­culté à se com­porter nor­male­ment en société. Il ne feint pas des émo­tions, il feint toute sa vie sans vrai­ment savoir com­ment il doit agir selon les codes de la société. Il ira même jusqu’à pren­dre exem­ple sur d’autres tueurs, très charis­ma­tiques et admirés de tous, pour essay­er d’ap­pren­dre à être plus naturel. Et s’il répète sou­vent qu’il ne ressent aucune émo­tion, il passe en fait son temps à agir en réponse à ses émo­tions. Il refuse de tuer des inno­cents et plus par­ti­c­ulière­ment des enfants, et se met­tra sou­vent en dan­ger pour les sauver.

6- Absence de remords.

Ce que l’on prend sou­vent pour un manque d’empathie chez les psy­chopathes est en fait un manque cru­el de remords: il savent très bien ce que ressen­tent les autres mais ils s’en fichent. Il ont ten­dance à jus­ti­fi­er leurs actes pour mieux vivre avec: leur vic­time mérite son sort, elle leur est inférieure et cela ne les dérange pas de s’en pren­dre à un inno­cent; ils lui trou­veront une cul­pa­bil­ité plus tard. Dex­ter au con­traire est extrême­ment attaché à la jus­tice et évite au max­i­mum de s’en pren­dre à des inno­cents sauf cas de force majeure où il serait acculé et devrait élim­in­er un témoin de ses pro­pres meurtres. Même lorsqu’il est démasqué par le ser­gent James Doakes qu’il retient pris­on­nier dans une cel­lule, Dex­ter passe plusieurs épisodes à chercher la meilleur solu­tion à adopter et con­tin­ue de lui fournir le min­i­mum de nour­ri­t­ure et d’hy­giène néces­saires à sa survie.

Il ressent égale­ment de la honte quand il déçoit sa femme Rita ou sa soeur Debra. Il veut aus­si être un bon père pour ne pas don­ner de mau­vais exem­ple à ses enfants qui pour­raient eux aus­si dévelop­per un “Pas­sager Noir”.

7- Irre­spon­s­abil­ité chronique.

On retrou­ve très sou­vent une inca­pac­ité à con­serv­er un emploi sta­ble, entretenir des rela­tions durables et à hon­or­er ses engage­ments par­mi les psy­chopathes. Il accu­mu­lent les dettes et peu­vent faire per­dre de gross­es sommes d’ar­gent aux entre­pris­es qui les emploient. Beau­coup se tour­nent vers des activ­ités crim­inelles et finis­sent en prison. Dex­ter est expert médi­co-légal pour la Police de Mia­mi, il est tenu d’être com­pé­tent s’il veut con­serv­er un poste clé qui lui per­met de men­er à bien ses pro­pres inves­ti­ga­tions de son côté. Il a égale­ment besoin de main­tenir sa vie famil­iale pour se créer la cou­ver­ture d’un bon père de famille au-dessus de tout soupçon. Sans compter que Dex­ter a besoin de sommes d’ar­gent colos­sales pour pay­er ses dettes, son bateau,  le matériel qu’il doit racheter après chaque crime com­mis, tous ses véhicules acci­den­tés.… Mais il est bien con­nu que dans les séries les experts sci­en­tifiques sont payés chaque mois à hau­teur de leurs revenus annuels évidem­ment. 😀

8- Manque fla­grant de con­sid­éra­tion pour sa sécu­rité et celle des autres.

Les per­son­nes atteintes de trou­ble anti­so­cial sont très impul­sives et agis­sent sans anticiper les risques que leurs actions pour­raient engen­dr­er. Dex­ter se met en dan­ger quand il se bat con­tre des tueurs, mais passe la plus grande par­tie de la série à défendre des inno­cents, ne laiss­er aucune trace qui per­me­t­trait à un indi­vidu dan­gereux de remon­ter jusqu’à sa famille.

9- Mépris per­sis­tant pour les droits d’autrui.

Les psy­chopathes ne pensent qu’à eux. S’il vous ren­dent ser­vice, c’est pour obtenir quelque chose. Ils ne sont là que pour écras­er les autres et nous l’avons déjà vu, assou­vir leurs fan­tasmes de grandeur. Et ils ne por­tent pas leurs amis et leurs proches en plus haute estime. Pour Dex­ter, les crim­inels ont un droit: mourir, si pos­si­ble de sa main. En revanche, il fait pass­er les besoins de ses proches avant les siens et donc, avant ses pro­pres besoins de tueur.[4]

 

Il est impor­tant de not­er que son absence d’in­térêt pour la sex­u­al­ité détonne beau­coup des moti­va­tions typ­iques des tueurs en série de sexe mas­culin. En fait, il ne con­naît pas cela et ne ressent pas de besoin, mais il décou­vri­ra la chose par la suite et dévelop­pera une vie sex­uelle clas­sique, bien qu’au départ, il souf­fre encore de lacunes en matière de fidél­ité. ^^ Nous remar­quons ici que Dex­ter Mor­gan ne ren­tre pas vrai­ment dans les critères. La série insiste surtout sur le fait qu’il ne ressent rien, n’a pas d’empathie et le fait qu’il tue des gens, bien évidem­ment. Mais le pas­sage à l’acte n’est pas un trait com­mun à tous les psy­chopathes. En effet, si tous les ser­i­al killers sont des tueurs, tous les tueurs ne sont pas des psy­chopathes, et tous les psy­chopathes ne sont pas des tueurs.[5] Même si un grand nom­bre d’en­tre eux finis­sent tox­i­co­manes ou incar­cérés pour des actes vio­lents, la plu­part arrivent à men­er une exis­tence tout à fait nor­male. Leur faible réac­tion au stress et leur esprit com­péti­tif poussé leur per­met d’oc­cu­per des posi­tions par­fois élevées dans les forces de police, la finance, le man­age­ment ou la poli­tique. [6]Et puisqu’ils trou­vent tou­jours une jus­ti­fi­ca­tion à leurs actes répréhen­si­bles, ils sont très sûrs d’eux et peu enclins à douter d’eux-mêmes.

 

DES TRAITS SPECIFIQUES DE L’AUTISME CHEZ DEXTER

Dexter Morgan expert en analyses de projections de sang.

La vraie force de la série Dex­ter est le fait de nous présen­ter un tueur sym­pa­thique, au point qu’on arriverait presque à l’ex­cuser d’être un mon­stre. Parce qu’au lieu d’un per­son­nage par­faite­ment représen­tatif du psy­chopathe véri­ta­ble, comme l’est par exem­ple Arthur “Trinité” Mitchell (le prin­ci­pal antag­o­niste de la sai­son 4), nous suiv­ons en dehors des scènes de meurtre l’évo­lu­tion d’une per­son­ne seule et en décalage avec le monde qui l’en­toure. Les très nom­breuses scènes d’in­tro­spec­tion nous révè­lent un Dex­ter qui se remet en ques­tion sans arrêt, qui doute de ce qu’il est vrai­ment et de ce qu’il doit faire. Ces mono­logues internes ne sont pas un trait courant chez les per­son­nes souf­frant d’un trou­ble de la per­son­nal­ité anti­so­ciale. On pour­rait penser par moments que Dex­ter est psy­cho­tique: il voit ou par­le à Har­ry (qui est décédé depuis de nom­breuses années) dès qu’un doute trop pro­fond l’as­saille. Il faut plutôt voir ces pas­sages comme une pro­jec­tion de ses pen­sées puisque notre anti­héros ne sem­ble jamais per­dre con­tact avec la réal­ité ou agir de façon inco­hérente. En revanche, son com­porte­ment pour­rait expli­quer un trou­ble présent depuis son plus jeune âge: l’autisme.

Les per­son­nes présen­tant des traits autis­tiques ont des dif­fi­cultés avec les inter­ac­tions sociales, des com­porte­ment répéti­tifs, des intérêts restreints et une forte résis­tance au change­ment. Il faut rap­pel­er que les séries des années 2000 avaient ten­dance à représen­ter des per­son­nes autistes stéréo­typées: sur­douées, dotées d’une mémoire eidé­tique (pho­tographique) et autres clichés du même genre, bien présents dans la réal­ité mais non sys­té­ma­tiques.

Dex­ter Mor­gan est extrême­ment mal­adroit en société. Il ne com­prend pas les codes soci­aux et ne sait pas com­ment se faire de véri­ta­bles amis. Tous les matins, il offre des donuts à ses col­lègues car il pense que c’est une façon d’être ami­cal. Sa capac­ité à d’i­den­ti­fi­er les émo­tions des autres et à en com­pren­dre la cause n’est pas un de ses points forts. Il pense aus­si qu’il ne ressent rien et décrit un sen­ti­ment de vide intérieur. Cette con­di­tion appelée “alex­ithymie” pour­rait être expliqué par un trou­ble de la per­son­nal­ité bor­der­line, comor­bid­ité fréquente du trou­ble de la per­son­nal­ité anti­so­ciale. Mais Dex­ter ne présen­tant pas les symp­tômes typ­iques que sont la peur de l’a­ban­don, l’im­pul­siv­ité et l’in­sta­bil­ité émo­tion­nelle car­ac­téris­tiques de cet état lim­ite, il faut en rejeter l’éven­tu­al­ité. En revanche, de nom­breuses études ont mon­tré que l’alex­ithymie pour­rait être présente dans près de la moitié des cas d’autisme. Il est bien sûr évi­dent qu’elle peut arriv­er à la suite d’un trau­ma­tisme, mais nous en repar­lerons plus tard. Comme son père adop­tif l’a con­sid­éré comme un mon­stre insen­si­ble dès qu’il a man­i­festé des com­porte­ments anor­maux, per­son­ne n’a cher­ché à lui appren­dre à iden­ti­fi­er ses émo­tions. Pour­tant, Dex­ter ressent des choses: honte, colère, tristesse, remords, impa­tience, ennui, stress et, même si c’est plus rare, la peur (surtout pour ses proches en dan­ger). Il ne parvient sim­ple­ment pas à les com­pren­dre et les exprimer.

Mais les per­son­nes autistes savent observ­er et recon­naître les petits détails et les sché­mas qui se répè­tent. Ils arrivent alors très bien à imiter les autres et se créent un “masque de nor­mal­ité” pour avoir l’air moins bizarres aux yeux des autres. Cepen­dant, Dex­ter ne prend pas tou­jours exem­ple sur les bonnes per­son­nes et tente de copi­er le com­porte­ment social de crim­inels mieux inté­grés mais sans y par­venir et con­tin­uera à faire des gaffes régulière­ment . Notre anti­héros masque donc en per­ma­nence, non pas ses activ­ités meur­trières secrètes, mais avant tout le fait qu’il ne com­prend rien aux inter­ac­tions sociales, qu’il appréhende à chaque fois que l’une d’elles se présente. Quant aux sit­u­a­tions de flirt avec sa col­lègue Maria Laguer­ta ou d’autres per­son­nes, n’en par­lons pas ^^ L’im­plicite et le sec­ond degré ne sont en effet pas très bien com­pris par les indi­vidus neu­roatyp­iques qui essaient de les décrypter par analyse logique. Les exem­ples ne man­quent pas dans la série sur ce point. Les per­son­nes autistes sont générale­ment hyper­sen­si­bles et pos­sè­dent un sens aigu de la jus­tice. Si Dex­ter a du mal à com­pren­dre les émo­tions, il a en revanche énor­mé­ment d’empathie pour les autres et cherche par tous les moments (qu’il peut com­pren­dre) à assur­er leur bien-être et à les sor­tir des sit­u­a­tions dan­gereuses. [7] Il se mon­tre par­ti­c­ulière­ment pro­tecteur envers les enfants et sans pitié envers ceux qui leur veulent/font du mal. Au début de la série, sa vision de ce qui est juste sera dic­tée par le code d’Har­ry, mais il dévelop­pera sa pro­pre vision au fil des saisons.

Le sec­ond groupe de traits car­ac­téris­tiques des trou­bles du spec­tre autis­tique sont les com­porte­ment répéti­tifs et intérêts restreints. Il est juste de penser que Dex­ter se com­porte de manière stéréo­typée de part la dis­ci­pline et le con­trôle con­stant qu’ex­ige le code d’Har­ry, mais ce code a été créé dans le but de con­trôler ses pul­sions meur­trières. Hors Dex­ter con­trôle absol­u­ment chaque aspect de sa vie, même quand per­son­ne ne pour­rait en être témoin. Il est mani­aque, s’ha­bille de la même façon tous les jours et sem­ble se con­tenter d’une ali­men­ta­tion assez peu var­iée: oeufs, bacon, pan­cakes et jus d’o­r­ange pour le petit déje­uner, sand­wich cubain au porc épicé et banane pour le déje­uner et, pour le dîn­er, du steak. Beau­coup de steaks. Sa femme Rita lui fera la remar­que qu’il ne pense qu’à ça d’ailleurs (au point de vouloir en prévoir pour leur repas de noces!). Elle lui reprochera aus­si ses goûts musi­caux qui se lim­i­tent aux fan­fares mil­i­taires qu’elle ne peut plus sup­port­er à la longue ^^ Dex­ter plan­i­fie absol­u­ment tout dans sa vie per­son­nelle comme crim­inelle. Il a besoin de gér­er les imprévus autant que pos­si­ble et n’aime pas le change­ment. Il suit tou­jours le même rit­uel pour tra­quer sa proie, la tuer, se débar­rass­er des preuves: chaque salle d’exé­cu­tion est pré­parée de la même façon, il dis­pose ses instru­ments tou­jours à la même place, tient beau­coup à affich­er les pho­tos des vic­times de sa proie pour qu’elle regarde sa pro­pre cul­pa­bil­ité en face. Pour les âmes sen­si­bles, nous passerons les détails les plus vio­lents, mais eux aus­si sont répétés inlass­able­ment à quelques nuances près, si c’est plus rac­cord avec le cas dirons-nous.^^ Dex­ter n’aime donc pas le change­ment et ne mod­i­fiera ses habi­tudes que lorsqu’il est à deux doigts d’être iden­ti­fié ou qu’une urgence néces­site une réac­tion spon­tanée. Après s’être mar­ié avec Rita et qu’ils aient emmé­nagé dans leur mai­son, il ne pour­ra se résoudre à se sépar­er de son apparte­ment. Con­traire­ment aux psy­chopathes qui détes­tent suiv­re des règles et des rou­tines, nous ne pou­vons donc que con­firmer que Dex­ter y est lui très attaché.  Et si les psy­chopathes ont du mal à chang­er leur com­porte­ment, les per­son­nes autistes elles le peu­vent et cherchent à s’amélior­er tout au long de leur vie.

Dex­ter a une pas­sion obses­sion­nelle depuis tout petit: le sang et les scènes de crime. Il n’est pas rare de ren­con­tr­er des cen­tres d’in­térêts obses­sion­nels inso­lites chez les per­son­nes autistes. Très intel­li­gent, il a d’abord suivi des études de médecine avant de finale­ment opter pour une for­ma­tion moins glo­rieuse d’ex­pert sci­en­tifique… en analyse de tâch­es de sang. Ce méti­er lui per­met, en dehors de ses activ­ités noc­turnes, de rester au plus près de son sujet de prédilec­tion et lui donne accès à dif­férents out­ils pour men­er à bien ses recherch­es sur les crim­inels qui sévis­sent dans le secteur. Son obses­sion le pousse aus­si à prélever une goutte de sang, tou­jours de la même manière, sur cha­cune de ses vic­times. Il les con­servera entre deux lames cou­vre-objet, toutes bien rangées dans une boîte dis­simulée dans le sys­tème de cli­ma­ti­sa­tion de son apparte­ment. Et doté d’une excel­lente mémoire, il sera même capa­ble de se rap­pel­er de chaque cas en détails en par­courant sa col­lec­tion du bout des doigts.[8] Dans un épisode, il devra inter­venir en tant qu’­ex­pert lors d’un procès. On lui demande depuis com­bi­en de temps il est en activ­ité et de com­bi­en de cas il s’est occupé. Il répon­dra: “12 ans et 2103 cas exacte­ment”. 🙂 On le ver­ra égale­ment s’ef­fon­dr­er complètement(shutdown) quand il se trompera sur un coupable, lais­sera tomber sa boite de trophées dont il sera inca­pable de reclass­er les lamelles dans l’or­dre ou quand il sera sub­mergé par ses émo­tions.

Si on aurait pu au départ imag­in­er un Dex­ter souf­frant de trou­ble obses­sion­nel-com­pul­sif, l’ensem­ble de ces com­porte­ments nous mon­tre que cela va plus loin encore. Les per­son­nes souf­frant de TOCS sont des per­son­nes anx­ieuses qui met­tent en place des rit­uels pour calmer une angoisse obsé­dante. Par exem­ple: elles se laveront les mains 50 fois par jour par peur des microbes, véri­fieront plusieurs fois si elles ont bien fer­mé leur porte d’en­trée ou que leur four est bien éteint… Les idées angois­santes revien­dront régulière­ment et elles devront alors recom­mencer leurs actions pour se calmer. Dex­ter n’est pas de nature anx­ieuse et ne sem­ble pas souf­frir de pho­bies ou d’idées obses­sion­nelles… Sauf, bien évidem­ment, quand il sait que la décou­verte d’une nou­velle preuve pour­rait le com­pro­met­tre, mais son pre­mier réflexe sera de détourn­er l’en­quête, pas d’aller laver son apparte­ment du sol au pla­fond avec des litres de dés­in­fec­tant. ^^ Et on peut tout à fait retrou­ver ce trou­ble comme comor­bid­ité sur un bilan diag­nos­tic de trou­ble autis­tique.

Il existe un autre trou­ble de la per­son­nal­ité qui pour­rait expli­quer cer­tains com­porte­ments de Dex­ter Mor­gan, à savoir le trou­ble schizoïde. Les indi­vidus schizoïdes ne recherchent pas le con­tact social, ont des cen­tres d’in­térêts restreints, une dif­fi­culté à exprimer leurs émo­tions et peu d’in­térêt pour le sexe. Cer­tains de ces symp­tômes peu­vent men­er à un mau­vais diag­nos­tic de per­son­nes présen­tant en réal­ité un trou­ble autis­tique, surtout si ces dernières ont appris à bien porter leur “masque” en société. Si Dex­ter est encore une fois à l’é­cart du monde et n’ex­prime que peu ses émo­tions, il ne se met pas en retrait volon­taire­ment par goût pour la soli­tude. Il désire claire­ment créer des liens mais son secret inavouable l’en empêche. Par la suite, il sera très heureux de se rap­procher d’autres tueurs en série car il se sen­ti­ra com­pris. Mais les notions de con­fi­ance et d’ami­tié n’é­tant que des moyens de manip­u­la­tion par­mi tant d’autres, il com­pren­dra vite que rien n’é­tait sincère et que ces per­son­nes ne méri­tent finale­ment que le sort qu’il leur réserve…

 

ET SON STRESS POST-TRAUMATIQUE DANS TOUT CA?

Dexter Morgan enfant fait un bilan psychologique chez le psychiatre.

Enfant, Dex­ter a vécu un évène­ment par­ti­c­ulière­ment vio­lent qui l’a mar­qué à vie. Les symp­tômes d’un stress post-trau­ma­tique pour­raient expli­quer cer­tains de ses com­porte­ments, mais pas tous. On sait que les per­son­nes ayant subi un grave trau­ma­tisme souf­frent de symp­tômes d’in­tru­sion: remé­mora­tion des faits de manière involon­taire (par­fois sous forme de cauchemars, flash­backs ou sou­venirs envahissants), ten­ta­tives d’éviter tout lieu, per­son­ne ou stim­u­lus (son, image ou odeur) qui pour­rait lui rap­pel­er l’évène­ment et dans cer­tains cas, aller jusqu’à oubli­er totale­ment ce qui a pu arriv­er.  Dans le cas de Dex­ter, il n’a aucun sou­venir de la mort de sa mère, mais retrou­vera la mémoire au cours de recherch­es sur son passé et revivra des moments du drame par la suite. Il est fréquent de retrou­ver un émousse­ment des émo­tions chez les per­son­nes trau­ma­tisées (l’alex­ithymie dont nous avons déjà par­lé) et un dés­in­térêt pour les activ­ités habituelles ain­si que des trou­bles de l’humeur comme la dépres­sion ou les trou­bles du som­meil. Elles sont aus­si facile­ment irri­ta­bles, hyper­vig­i­lantes  et souf­frent de stress con­stant. Dex­ter a en effet du mal à com­pren­dre et ressen­tir les émo­tions, mais ne sem­ble ni stressé, ni dépres­sif et ce depuis tout jeune (il ne sem­ble pas affec­té lors des épisodes de flash­backs sur son passé). Ses trou­bles du som­meil sont plus les con­séquences de sa dou­ble vie que de son trau­ma­tisme d’en­fance. Le véri­ta­ble prob­lème est vraisem­blable­ment le sou­tien qu’il a pu avoir pour se remet­tre de cette épreuve à l’époque.

Comme nous l’avons déjà dit, tous les ser­i­al killers ont en com­mun le fait d’avoir con­nu une enfance trau­ma­ti­sante. Quand Har­ry Mor­gan com­mence à remar­quer que le com­porte­ment du jeune Dex­ter est anor­mal, il se con­va­inc très vite que le garçon va devenir un tueur. Ne se sen­tant pas de taille à gér­er la sit­u­a­tion seul, il demande con­seil à la neu­ropsy­chi­a­tre Eve­lyn Vogel. Cette dernière se révèle être une per­son­ne finale­ment tout aus­si peu recom­mand­able que les per­son­nes qu’elle traite. Elle a une fas­ci­na­tion pour les psy­chopathes qu’elle voit comme “Le plus grand cadeau fait à l’hu­man­ité pour assur­er son évo­lu­tion”. Elle remar­quera des traits car­ac­téris­tiques du trou­ble chez le jeune Dex­ter et arrivera un peu trop rapi­de­ment à la même con­clu­sion que son père adop­tif. Il a pour­tant été démon­tré qu’il faut se mon­tr­er pru­dent lors de ces analy­ses car des com­porte­ments  comme la délin­quance ou la cru­auté envers les ani­maux peu­vent n’être que des phas­es et le com­porte­ment peut très bien s’amélior­er à l’âge adulte. [9] Ne pou­vant se résoudre à aban­don­ner l’en­fant qui fini­ra par con­naître un jour la peine cap­i­tale, elle pro­pose une solu­tion très peu ortho­doxe à son père adop­tif: ils met­tront en place un code de survie pour l’aider à rester inaperçu tout en redirigeant ses pul­sions meur­trières vers des indi­vidus crim­inels qui méri­tent de mourir. Un point intéres­sant du code est sa règle numéro un: Ne pas se faire pren­dre. Har­ry Mor­gan avait insis­ter pour que la règle numéro un soit: “Ne pas s’en pren­dre à des per­son­nes inno­centes” mais le Dr Vogel le con­va­in­cra qu’il est plus impor­tant que Dex­ter sur­vive, quitte à devoir élim­in­er des témoins inno­cents mais gênants si besoin… Har­ry Mor­gan se charg­era ensuite de for­mer Dex­ter à toutes les com­pé­tences néces­saires pour devenir un tueur effi­cace: réu­nir les preuves, fil­er les sus­pects, effac­er toute trace de ses activ­ités… Il lui appren­dra aus­si à cacher ce qu’il est pour ne pas éveiller les soupçons et à men­tir lors d’un bilan psy­chologique quand l’é­cole com­mencera à avoir des doutes sur lui. Il con­fortera le jeune garçon dans l’idée qu’il est un mon­stre pen­dant des années, alors qu’il n’est encore jamais passé à l’acte. Quand il le sur­pren­dra plus tard sur la scène d’un de ses crimes, l’en­reg­istrement vidéo d’un entre­tien chez le Dr Vogel nous le mon­tr­era inca­pable de sup­port­er l’idée de con­tin­uer à vivre en se sachant le créa­teur d’une chose qui découpe les gens en morceaux. Vogel rel­a­tivis­era en lui répon­dant:” L’im­por­tant, c’est qu’il l’ait fait en respec­tant les règles de notre code, ce qui est plutôt encour­ageant non?’… Har­ry Mor­gan fini­ra par se sui­cider quelques jours plus tard.

 

LA CREATION DU PARFAIT PSYCHOPATHE

Dr Evelyn Vogel prend Dexter Morgan dans ses bras.

Quand Dex­ter ren­con­tr­era Eve­lyn Vogel lors de la sai­son 8, elle lui expli­quera qu’elle l’a créé et qu’elle se con­sid­ère comme sa mère spir­ituelle. Elle voulait créer le psy­chopathe par­fait et le com­pli­mentera à plusieurs repris­es pour ses per­for­mances. Il le pren­dra très mal, se con­sid­érant comme une expéri­ence. Quand elle se sen­ti­ra elle-même traquée par un autre tueur en série, elle lui avouera avoir util­isé des méth­odes qu’on pour­rait qual­i­fi­er d’il­lé­gales sur d’autres enfants par le passé. Craig­nant pour sa vie, elle n’hésit­era pas à manip­uler Dex­ter pour qu’il se con­sacre entière­ment à sa pro­tec­tion, ten­tant de l’éloign­er de ses proches. Elle ira même jusqu’à  lui deman­der d’é­pargn­er la vie d’un autre tueur, Zach Hamil­ton, en qui elle voit un grand poten­tiel, et à qui il pour­rait ten­ter d’en­seign­er le code, car elle est très intéressée de voir si l’ex­péri­ence fonc­tion­nerait…

Au fil de leurs échanges, Eve­lyn Vogel sera éton­née que Dex­ter soit capa­ble de ressen­tir des émo­tions et qu’il s’in­quiète pour ses proches. Pour elle, un psy­chopathe en est inca­pable. Elle fini­ra pas avouer qu’elle a peut-être posé un mau­vais diag­nos­tic. Mais Har­ry Mor­gan ayant tou­jours refusé qu’elle l’ex­am­ine en per­son­ne pour ne pas lui don­ner l’im­pres­sion qu’il soit malade [10], elle ne le ren­con­tr­era qu’à l’âge adulte. Dex­ter lui regret­tera ter­ri­ble­ment ce choix: il se sen­tait seul, incom­pris et aurait aimé pou­voir par­ler à quelqu’un qui aurait com­pris son mal être.

On com­prend que Dex­ter aurait eu besoin qu’on l’aide et qu’il aurait cer­taine­ment pu ne pas devenir ce qu’on a voulu qu’il devi­enne. La série ne nous mon­tr­erait donc plus seule­ment l’évo­lu­tion d’un tueur en série, mais aus­si l’his­toire d’un enfant très cer­taine­ment autiste ayant subi un trau­ma­tisme ter­ri­ble durant son enfance et qui, quand il a com­mencé à agir de façon vio­lente, aurait été non seule­ment mal diag­nos­tiqué, mais égale­ment mal accom­pa­g­né, et éduqué (pour ne pas dire dressé) pour devenir le tueur par­fait. Et les vrais antag­o­nistes dans la série ne seraient donc plus seule­ment les tueurs eux-mêmes, mais égale­ment les per­son­nes qui les ont finale­ment fait devenir ce qu’ils sont.

 

NOTES ET REFERENCES

Cliquez à nou­veau sur les chiffres pour repren­dre la lec­ture où vous l’avez lais­sée.

[1] Nous pou­vons cer­taine­ment affirmer que tuer des per­son­nes, aus­si crim­inelles soient-elles, est un manque de respect fla­grant des lois. ^^

[2] L’acte de poignarder quelqu’un pour­rait con­fér­er au couteau une représen­ta­tion haute­ment phallique. Il est intéres­sant de not­er que les femmes psy­chopathes dévelop­pent beau­coup moins ce besoin sex­uel et préfèrent générale­ment utilis­er des moyens plus sécu­ri­taires, le poi­son ayant une nette préférence, suivi par les armes à feu et l’é­touf­fe­ment. Leur moti­va­tion prin­ci­pale sem­ble aus­si être, la plu­part du temps, l’ar­gent ou leur ascen­sion sociale . https://researchopenworld.com/staying-under-the-radar-poison-and-the-female-serial-killer/  https://medium.com/the-hairpin/that-girl-is-poison-a-brief-incomplete-history-of-female-poisoners-f6f9aa32507d

[3] On par­le dans ce cas d’ ”Empathie Froide”, les blessures émo­tion­nelles qu’il provoque chez les autres ne les affec­tant pas.

[4] Et toutes les per­son­nes qui souhait­ent la mort d’une autre après une engueu­lade ne sont pas néces­saire­ment psy­chopathes.^^

[5] Et même si la grande majorités des tueurs en séries sont psy­chopathes, cer­tains souf­frent de comor­bid­ités ou souf­frent de trou­bles psy­cho­tiques. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4649950/

[6] On les appelle les “psy­chopathes per­for­mants” car ils ont réus­si dans la vie au lieu de finir en prison comme beau­coup de leurs sem­blables.

[7] Même s’il est sou­vent respon­s­able du fait qu’un tueur décide de s’en pren­dre à son entourage après avoir com­pris qu’il le traquait. (:

[8] Il n’est pas rare pour les tueurs en série de con­serv­er un trophée, c’est à dire un bout du corps ou d’une pos­ses­sion de leur vic­time pour pro­longer le sou­venir du crime et des fan­tasmes qui lui sont asso­ciés.

[9] D’après les recherch­es du crim­i­no­logue David P. Fer­ring­ton : Sta­bil­i­ty of psy­chopa­thy in a prospec­tive lon­gi­tu­di­nal study: Results from the Cam­bridge Study in delin­quent devel­op­ment. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/bsl.2543

[10] Voir un spé­cial­iste pour­rait affecter le jeune Dex­ter, mais pas le fait de lui répéter sans arrêt qu’il n’est pas humain?

 

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